9 avril 2014 3 09 /04 /avril /2014 15:16

I’M A FUCKING TOURIST

Bali, Cuba, Pérou, Jordanie, Liban, Inde, Monténégro, Albanie, France.

2009-2014

 

C'est en photographiant les locaux que l'un d'eux me fit cette remarque :

"Désolé, mais tous les touristes nous mitraillent comme des objets de folklore…
Et un jour on se retrouve en carte postale ! Donc pas de photo pour moi !".

Penser que mes photos finissent en carte postale ?!?! Fucking locaux !
Et puis je me suis dit : il a raison… faisons des portraits,

qui, pour une fois, pourront exprimer leur ressenti : "Fucking tourist !"

Puis au fil des voyages, la question du tourisme est apparue comme plus complexe : tributaire d’un contexte politique, d’une culture, d’un point de vue. Entre les « fucking tourist », hommes bermudas qui mitraillent les autochtones, et les "tourist fucker », qui regardent l'envahisseur comme des portes monnaies sur pattes, aucune vérité universelle ne m’est apparue. Du faux Che Guevara, qui a peur de lever le majeur à cause des contrôles policiers, au nettoyeur de Beyrouth, qui ramasse les restes d’un éminent touriste: le Pape. Que ce soit l'Inde, la Jordanie, le Pérou, l’Albanie, Bali et la France, c’est ici un point de vue personnel : une façon de voyager, une manière de rencontrer « l’autre », un ressenti qui n’est en rien la définition de ce qu’est ou devrait être le voyage.

 

C’est en 2009, à Bali que j’ai mon premier contact avec le tourisme de masse.

Idylle romantique pour les uns, exotisme à pas cher pour les autres, Bali, Lombok et les îles Gili reçoivent de nombreux visiteurs depuis déjà quelques années.

Difficile de faire un pas sans entendre « taxi ??? », ou de faire le suivant sans le mot « massage ».

Derrière ses plages de rêves, où vous comptez sans cesse les ingrédients d’une parfaite carte postale, se cache une autre réalité. Un peuple conscient de l’apport économique du tourisme mais aussi des travers que cela entraine… Un paysage salopé de détritus, choquant l’écologiste occidental, se confronte aux locaux, qui se demandent de quoi demain sera fait.

 

Pays communiste, Cuba reste un voyage marquant par l’atmosphère unique qui y règne. Entre salsa, rhum et cigares, le quotidien du Cubain se compose de débrouille, d’ingéniosité et d’arnaque à touristes. Même s’ils sont loin de représenter la population locale, les « touristes fucker » y sont légion : prostitution déguisée, vente à la sauvette et contrefaçon de cigare, le tout enrobé d'une double monnaie, locale et touristique.

Mais cela disparaît lorsque l’on rentre dans la vie des locaux. Vous ne possédez rien, ni la terre que vous cultivez ni la voiture que vous conduisez. Il y a une seule chaîne de télé, un seul journal à lire. Impossible de parler politique, ou de prendre tout simplement le bateau pour s’échapper. Le cubain préfère troquer un service contre votre t-shirt tant les boutiques sont vides.

Pourtant Cuba reste une destination de rêve, alors que des « îles-hôtels » préfabriquées poussent, accueillant des hordes de fêtards assoiffés ou des familles qui ne verront de Cuba que le cours de salsa au bord de la piscine.

Un parcours en bus étrangement parfait vous amène à ses paradis artificiels, en passant par des villages colorés dont les habitants aux tenues folkloriques vous disent mollement bonjour. Un disneyland du tourisme qui cache la réalité d’un pays.

 

C'est à coups de folklore que l'on traverse le Pérou. Paysages magnifiques à perte de vue et lignes droites infinies se partagent entre vestiges de colonisation et rites mystiques ancestraux.

Culturellement, prendre en photo un Péruvien revient à lui voler son âme. Heureusement, les temps ont changé. Le Péruvien possède en moyenne trois photos: celle de son enfance, celle de son mariage et il tente de repousser la dernière au plus tard.  C’est muni d’un polaroïd que j’ai réalisé l’importance et le sens de « figer le portrait d’une personne en 1/125ème de seconde ». Mon appareil était un moyen de rentrer en contact avec une personne de passage, un moyen de l’immortaliser. 

Pillé à travers les âges, le folklore péruvien n’est aujourd’hui plus que l’ombre de lui même, un magnet Incas sur le frigo ou le bonnet à motifs pour hippie-chic.

 

Bienvenu en Inde my friends! Au pays du Bollywood tout est possible.

Pour la première fois, en bon « fucking tourist », je me transforme en attraction pour locaux : pris en photo, arrêté en pleine rue, regardé et montré du doigt par les enfants… L’indien a un rapport très fort à la photographie, à l’image et à la représentation. L’occidental peut, dans certains endroits, passer pour un extra-terrestre. Mais l’Inde est surtout une galerie de personnages atypiques, tant par leur esthétique que dans le nombre incalculable de petits métiers, tous plus étranges les uns que les autres. Usée par des backpackers ventant leurs exploits de voyages et truffée de « vieux babs » toujours perchés sur leur acide de 1970, l’Inde est agressive et blasée du touriste. Alors, tel des corbeaux, le local picore sa petite roupie supplémentaire, grignote son tips, à l’affût du Canon shooter, du porte-monnaie sur pattes.

 

Pour renverser un point de vue, la Jordanie et le Liban sont particulièrement intéressants.

En 2012, la Syrie est touchée par la guerre tandis que des camps de réfugiés prennent place au nord de la Jordanie. Une partie des touristes y voit une bonne raison de fuir les environs. L’autre partie sent la parfaite opportunité de profiter d’un joli « -40% » sur leur séjour.

Les Jordaniens font partis des peuples les plus accueillants que j’ai pu rencontrer, heureux de recevoir, de partager et curieux de l’étranger. Un désir de préserver leur image à l’heure où pour un occidental, rien ne ressemble plus à un « musulman» qu’un autre « musulman ».

De l’autre coté, Beyrouth, la ville qui « réussit » l’incroyable pari de faire cohabiter juif, musulman et catholique. Entre l’épisode des caricatures de Mahomet et au lendemain de la venue du Pape, mon passage fût bref mais intense. J’ai pu ainsi sentir la puissante énergie que dégage une ville toujours sur le fil, en attente d’une bombe, au lendemain d’un attentat.

 

La critique la plus récurrente sur la série « Fucking tourist » est l’idée que nous apportons richesse et fortune à ces pays qui profitent, une plume sur la tête, de la folie photographique et touristique occidentale. Point de vue un brin colonisateur et pas complètement juste. C’est en tout cas ce qui résulte du contraste Monténégro/Albanie. Deux pays à la géographie quasi similaire et au potentiel assez proche. Mais la comparaison s’arrête là.

Où va l’argent du tourisme ? Du haut de sa côte bétonnée, le Monténégro nous renseigne sur cette question. Détruite, reconstruite et pavée de propriétés privées, la côte subit l’influence Russe du gazo-rouble. Une partie de l’argent sert donc à construire de plus gros complexes hôteliers, vous donnant encore moins l’envie d’en sortir. Pas simple dans un si petit pays de faire lever le doigt à un local, même quand il adhère sincèrement à l’idée, répondant au principe universel du "on ne crache pas dans la soupe". Mettre le pied en Albanie, c’est déjà passer outre les préjugés sur le vol de voiture et le viol tout court. Des préjugés valables dans l’autre sens aussi puisqu’en traversant des villages perdus, certains vous demandent : « Mais qu’est-ce que vous faites ici ? » En leur répondant « du tourisme », je semble plutôt les étonner.

Pas de « bonnes » routes, pas d’infrastructures... à vous de découvrir un bijoux à l’état brut.

 

Et nous voici en France et à Paris. La phrase préférée du Parisien étant : « On n’apprécie jamais autant Paris que sans les Parisiens ». L’arrogance à la française aura permis d’inventer le concept de l’auto « fucking tourist »: ce qui nous saoule c’est nous ! Une sorte de "photo selfie" de vacances. Je vous laisserai donc le soin de remplir les lignes suivantes.

Nicolas Demeersman

 

#fuckingtourist    

Le local, Monkey forest, Bali, 2009

Le 1er Fucking Tourist de la série.

 

Le photographe : Je peux vous prendre en photo?

Le local : Non !

Le photographe : Oh, pourquoi?

Le local : A chaque fois, tous les touristes débarquent et nous mitraillent.

Ils nous prennent pour les singes du parc!

Le photographe : Et bien… dites ça sur la photo!

 

Agricultrice, île de Gili Air, Bali, 2009

En se promenant dans les terres de l’île.

 

L’agricultrice : Ici, le problème c’est l’eau.

Le photographe : Pourtant vous avez l’eau courante…

L’agricultrice : Dans vos hôtels, oui.

 

Le porteur, Volcan Battung Reggiani, Lombok, 2009

1ère ascension de 2700 mètres… en tong. Photo prise lors de la descente.

 

Avant l’ascension :

Le porteur : Je suis fier, c’est mon 1er jour.

Le photographe : Et tu portes quoi?

Le porteur : Les affaires du groupe d’hollandais, là-bas.

Pendant la descente :

Le photographe : Alors?

Le porteur : Je dois tout le temps attendre le groupe… j’en peux plus.

 

Le berger, Volcan Battung Reggiani, Lombok, 2009 

Arrêt dans un village isolé. Trois jeunes discutent.

 

Le photographe : Ca vous dirait une photo?

Le groupe d’adolescents montre le berger du doigt : Lui

Le photographe : Euh ok mais je sais pas si ça va lui plaire.

Le berger prend la pause, normal.

Le photographe : … L’idée c’est Fucking Tourist.

Les adolescents traduisent au berger.

Les adolescents: Ca le fait rire!

Les adolescents applaudissent le berger, qui lui, en rajoute.

 



Faux Che, La Havane, Cuba. 2010

Devant le parlement de la Havane.

  

Le faux Che : 1 photo, 1 peso.

Le photographe : Ok ! Avec le fuck?!

Le faux Che, stressé : Non… je peux pas…

Le photographe : Bon… pas de peso alors!

Le faux Che balaye du regard, il n’y a pas de police.

Le faux Che : Vite!

 

Vendeur de rien, Vinales, Cuba, 2010  

Sur une route tranquille, un monsieur nous arrête, affolé.

 

Le vendeur nous prends par la main : Venez! Venez!!

Le photographe : ???

Le vendeur nous montre sa ferme : Là ce sont des coqs, là ce sont des plans de tabac,

là ce sont des bananes etc…

Le photographe : Ok?

Le vendeur nous regarde l’air triste et tend la main.

Le photographe : Ok!

 

 

Mamie, Trinidad, Cuba, 2010

Dans une maison, une mamie vie seule. Elle me demande de m’approcher.

 

La mamie : Américain?

Le photographe : Non, français!

La mamie : Ah… Allemand?

Le photographe : Non, français.

La mamie : Ah… étudiant?

Le photographe : Non, photographe.

La mamie : Ah… étudiant en photo?

Le photographe : Non non, photographe.

La mamie : Ah… J’aime pas les américains.

 

Le Borgne, Playa Iron, Cuba. 2010

Propriétaire d’une Casa Particular, une nuit chez l’habitant.

 

Le Photographe : Je fais une série : Fucking Tourist.

Le Borgne : Ah ouais, ça c’est rock’n roll!

Le Borgne : Attends je vais chercher mon t-shirt…

Le photographe : Et pourquoi ce t-shirt?

Le Borgne : Parce qu’il y a mon nom dessus.

Shoot.

Le Borgne : « Wouhou », Rock’n roll!

 

Chico, La havane, Cuba, 2010

Dans la rue, le chico nous alpague.

 

Le Chico : Vrais cigares, pas cher… pas cher …

Le photographe : Non merci.

Le Chico : Marijuana ?

Le photographe : Non, non.

Le Chico : Cocaïne?

Le photographe : Non mais là on attend le taxi.

Le Chico : Taxi? Pas de problème j’appelle un ami.

Le photographe : Une photo?

 

Papis fêtards, Trinidad, Cuba, 2010

Dans la rue les deux papis bien entamés rentrent chez eux.

 

Le photographe : Je peux vous prendre en photo?

Les papis m’envoient balader : Tiens, prends nos fesses?!

Le photographe : Bah pourquoi pas!

Les deux papis rigolent.

Le photographe : Fucking Tourist… c’est ça?!

Les deux papis s’arrêtent et rigolent en me tapant sur l’épaule.

 
 

Homme costumé, Jerash, Jordanie, 2012

Dans l’Arène de Zeus, 3 hommes en costume folklorique nous sautent dessus.

 

L’homme en costume : Photo! Photo! Photo!

A coté de lui, une petite boite pour mettre de l’argent.

Le photographe : Euh non.

L’homme en costume prend la pose avec les doigts en V :

Si, si comme ça, avec ton ami.

Le photographe : Non merci.

L’homme en costume : Comme ça, je fais du tambour!

Le photographe : Non.

L’homme en costume : Et comme ça, avec les 2 autres…

Le photographe : Non! … Bon ok, on va faire une photo.

Shoot

L’homme en costume : C’est bon?

Un autre touriste passe et répond à ma place en anglais : Yes, i really got you. 

 

 

 

Guide, Petra, Jordanie, 2012

En prenant une tout autre photo, chez un jeune barbier (au second plan).

Le guide passe dans la rue et s’arrête.

 

Le guide : Vous faites quoi là?

Le photographe : Une photo!

Le guide : Pourquoi tu le prends lui, prends moi.

Le photographe : … Je fais déjà une photo là.

Le guide : Ouais mais fais une photo de moi.

Le photographe :??? …Ok.

Le guide : C’est pour un magazine?

Le photographe : Pas exactement !

 

Garde forestier, Dana village, Jordanie, 2012

Garde forestier à cheval qui s’ennuie.

 

Le photographe : Ca vous dirait de poser?

Le garde : Oui / shoot

Le photographe : Avec le fuck?

Le garde remet bien son foulard : Oui / Shoot

Le photographe : Oh, c’est possible avec votre cheval.

Le garde apprête son cheval : Oui / Shoot

Le photographe :…Et sur le cheval?

Le garde monte son cheval : Oui / Shoot

Le photographe : Et merde, j’ai mal enroulé ma pellicule…on peut recommencer?

Le garde : Oui.

 

 

Cuisinier, désert du Wadirum, Jordanie, 2012

Dans un camp de bédouins, après une nuit passée dans le désert.

 

Le photographe : … Et t’as une copine?

Le cuisinier : Oh tu sais, je suis musulman donc… pas encore.

Le photographe : Pourtant il en passe des gens dans le camp.

Le cuisinier : Ah oui, y’a des femmes qui viennent ici juste pour se faire des bédouins.

C’est leur truc. Souvent des femmes mûres.

Le photographe : … Et t’en as jamais profité?

Le cuisinier, avec un sourire en coin : Oh… bah tu sais, je suis musulman.

 

Ouvrier, Beyrouth, Liban. 2012

Le lendemain du passage du Pape à Beyrouth.

 

Le photographe : Il s’est passé quoi ici?

L’ouvrier : Le Pape a donné un meeting.

Le photographe : Et vous nettoyez?

L’ouvrier : Oui, le Pape est reparti en nous laissant tout ce bordel.

Le photographe : Ah… Fucking Tourist!

 

Militaire, Beyrouth, Liban. 2012

Voyant mon appareil photo, spontanément l’homme m’arrête. 

 

Le militaire : hey, t’es photographe?

Le photographe : oui…

Le militaire : vas-y vas-y prends moi en photo.

Le photographe : euh oui…

Le militaire : un truc fou, vas-y, vas-y, vas-y.

Le photographe : un doigt d’honneur.

Le militaire : ok, maintenant un autre truc plus dingue, vas-y, vas-y.

 

Eleveur(se),  Lima-Cusco, Pérou. 2011

Sur la route, deux femmes passent avec leurs bêtes.

 

Le photographe : Je peux vous prendre en photo?

La femme fait signe de la tête que oui.

Le photographe se prépare.

La femme se recoiffe, redresse son chapeau, ajuste son foulard et tend le doigt fièrement.

Shoot.

La femme : Merci.

Le photographe : C’est moi.

 

L’homme cagoule, Lima, Pérou, 2011

Procession religieuse, dans les rues de Lima.

 

Le photographe : C’est pour quoi tout ça?

L’homme cagoule : Cérémonie religieuse pour Jésus, le Christ!

Le photographe : Et pourquoi une cagoule?

L’homme cagoule, ironique : … pour ne pas être sur vos photos.

 

Chaman, Nazca line, Pérou. 2011

Aéroport touristique, après le survol des lignes de Nazca

 

Le chaman : Je suis chaman, je peux te lire les lignes de la main!

Le photographe : Ah oui… je suis photographe, je peux te prendre en photo!

Le chaman : Ok

Le photographe : Avec le fuck!?

Le chaman : Pourquoi ?

Le photographe : Fucking Tourist!

Le chaman explose de rire puis y met tout son sérieux.

 

La femme et l’alpaga, lac Titicaca, Pérou 2011

Dans un parc archéologique.

 

Le photographe : Je peux vous prendre en photo?

Avec un grand sourire, la femme fait signe que oui.

Le photographe fait un portrait, 1er shoot.

La femme fait signe qu’elle veut de l’argent.

Le photographe : Pourquoi?

La femme : Tu m’as pris en photo.

Le photographe :…Bah oui?!

La femme :…trois pesos!

Le photographe : Oh! … On va faire une autre photo, alors.

 

Vendeuse de ballons, Mumbai, Inde, 2013

Aux portes de l’Inde, entourés de photographe de souvenirs.

 

La vendeuse : Ballon? Ballon? Ballon?

Le photographe : non merci… Mais photo?

La vendeuse veut prendre mon appareil pour nous prendre en photo.

Le photographe : non, une photo de vous.

La vendeuse surprise : moi? Vraiment? oui!

Les photographes de souvenirs nous regardent et haussent les épaules.

 

Le fouetteur, Mumbai, Inde, 2013

Au loin, juste un son qui résonne, celui d’un claquement de fouet.

 

Quand nous le croisons :

Le photographe : photo?

L’homme répond par un coup de fouet.

Le photographe : ça veut dire oui?

L’homme répond par un coup de fouet.

Je prépare mon appareil …

L’homme répond par 3 coups de fouet.

et montre l’argent qu’il a dans l’autre main.

Le photographe : avec le doigt alors?!

 

Le vendeur de pipo, Mumbai, Inde, 2013

Au détour d’une rue.

 

Le photographe : vous faites quoi avec tous ces pipos?

Le vendeur : et bien, je les vends!

Le photographe : c’est votre métier? Vendeur de pipos de rue ?!

Le vendeur : oui, avant je vendais des nappes monde,

mais ça marchait moins bien.

Le photographe : évidemment. 

 

Future policière, Hampi, Inde, 2013

En haut des 400 marche d’un temple.

 

Le photographe : photo?

La fille fait signe non de la tête

Le photographe : ah bon pourquoi?

La fille ne répond pas.

Deux touristes allemands, décolletés apparents et sac banane

arrivent péniblement en haut des marches en sueur.

La fille éclate de rire.

Je la regarde : fucking tourist!

Elle rigole.

 

Tuk-tuk driver, Varkala, Inde, 2013

Après plusieurs jours que nous prenons le même Tuk-tuk

 

Le photographe : On va au même endroit qu’hier.

Le driver : 400 roupies.

Le photographe : hier c’était 300!

Le driver : hier moins chaud… 350.

Le photographe : Mais hier c’était pareil…

Le driver : hier moins circulation… 320 roupies

Le photographe : mais il n’y personne sur la route…

Le driver : ok 300!

Le photographe : une photo?

 

Dame en jaune, Kerala, Inde, 2013

Dans un petit village au détour d’une rue.

 

Le photographe : bonjour, nous cherchons notre route.

La femme ne répond pas.

A coté d’elle son fils : « elle ne vous répondra pas ».

Le photographe : ah, bon… Et pourquoi?

Le fils : « elle ne parle pas aux étrangers ».

 

 

Le gardien d’ile, Sveti Stefan, Montenegro, 2014

A l’entrée de la célèbre île de Sveti Stefan

 

Le gardien : stop!

Le photographe : on veut juste visiter l’île.

Le gardien : ce n’est pas possible, c’est une île privée.

Le photographe : bon, faire une photo sur le ponton de l’île alors.

Le gardien : ce n’est pas possible, c’est filmé.

Le photographe : et une photo juste là, devant?

Le gardien : bon…ok.

 

Le joueur de domino, Durrës, Albanie, 2014

Apres une autre photo… nous entamons la discussion.

 

Le joueur : Vous faites quoi ici?

Le photographe : Et bien on visite.

Le joueur : Vous êtes venus faire des affaires…

Le photographe : Non, on visite.

Le joueur : Vous visitez quoi?

Le photographe : Bah l’Albanie!

Le joueur : vraiment ?

 

La paysanne, Thumanë, Albanie, 2014

Juste avant la frontière nous discutons avec des villageois.

 

La paysanne : ma fille a fait des études d’ingénieur.

Elle a de bons diplômes.

Mais ici, après le communisme, y’a pas de travail d’ingénieur.

Alors elle traverse la frontière tous les jours,

Et elle sert des russes dans un hôtel, au Monténégro.

 

Le forgeron, Librazhd, Albanie, 2014

Nous tentons de parler avec lui, mais il ne parle que l’Albanais. Voyant l’appareil photo, il nous fait le tour du propriétaire avec des grands gestes,

Montre son métier, nous fait faire un tour derrière son cheval, nous propose le café, du cannabis… Et tient absolument à poser en photo. 

 

La vendeuse de graine de tournesol

Sur la plage, au loin il y a des touristes, chasseurs de trésors.

 

Le photographe : Ils font quoi là bas?

La vendeuse : ils cherchent de l’or…

Le photographe : sur la plage?

La vendeuse : oui, et moi je vends des graines de tournesol.

Le photographe : et ça vous rapporte beaucoup d’or?

La vendeuse : autant qu’eux je pense.

 

Le pêcheur, Set, France, 2013

Sur le port de pêche

 

Le photographe : Vous pensez quoi des touristes ici ?

Le pêcheur : rien !

Le photographe : comment ça rien ?

Le pêcheur : ils nous font chier… c’est tout.

Le photographe : bon…

 

L’hipster, Paris, France, 2013

Dans la rue.

 

Le photographe : vous pensez quoi du tourisme à Paris ?

Le hipster : en fait Paris, c’est mieux en Août, c’est plus calme.

Le hispter : en fait Paris, c’est mieux sans les parisiens.

 

  

  

Les Fashions, Paris, France, 2013

A l’entrée de la Fashion Week, des gens viennent « looké », prêt à tout pour se faire photographier.

 

Le photographe : Bonjour, je fais une série qui s’appelle « fucking tourist », je peux vous prendre en photo ?

Le fashion 1 : je suis italien mais oui!

Le fashion 2 : je suis belge, mais oui!

Le fashion 3 : Nous sommes autrichiennes mais oui!

Le fashion 4 : oui! Par contre je suis américain… mais je vis en France. 

 

Le serveur, le Touquet-Paris plage, France, 2014

En plein rush le serveur annonce la carte à une table d’Anglais.

 

Le serveur : Hello, so today to eat there is a Aioli and a navarin d’agneau from the suggestion du chef…

Les anglais : sorry ?

Le serveur : euhhh look the menu.

Et il s’échappe vers notre table.

Le photographe : ah là là… dur les anglais !

Le serveur : m’en parlez pas, ici, il n’y a que ça !

 

Faux Buffalo Bill, Lisieux, France, 2013

Lors d’un rassemblement de motard Harley.

 

Le photographe : pourquoi vous êtes déguisé ?

Buffalo Bill : je ne suis pas déguisé… Je suis Buffalo !

Vous ne me connaissez pas ? je suis une légende dans la région !

Le photographe : j’aurais du me renseigner.

 

Goldorak, Versailles, France, 2014

 

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